La Tribune est sans doute le doyen de la presse du Dauphiné, et le plus vieil hebdomadaire français.

Ses origines remontent à une « Feuille périodique d’annonces », née en 1816. Elle comportait alors des annonces légales, des purges d’hypothèque, ainsi que quelques articles d’intérêt local.

 

En 1848, elle se transforme en « Journal de Montélimar ». Le propriétaire-gérant, André Bourron, se lance dans la bataille politique et soutient ainsi la candidature de Lamartine à la présidence de la République.

 

Paulin Gagne s’empare de la direction du journal qu’il rebaptise « L’Espérance ». Entre sa profession d’avocat et ses rêveries d’homme politique, Paulin Gagne joue du violon… dont l’écho se répercute jusqu’au journal. Les lecteurs commencent à s’inquiéter… Un jour, le poète met en vers la constitution de 1848 et la publie dans « L’Espérance ». Le propriétaire-gérant n’apprécie pas l’initiative.

 

Un avocat réputé sérieux, M. Cheysson, le remplace. Vers 1854 l’on trouve à la direction M. Serret, autre avocat, puis un enseignant M. Bonjean.

 

Après lui, le journal ne paraît pas pendant quatre ans, on ne sait trop pourquoi. Il reparaît en 1858, sous son ancien titre « Le Journal de Montélimar ». Il devient la propriété de Célestin  Bourron qui en prend également la direction (jusqu’en 1890). La politique agite toujours le Journal, Célestin respecte les institutions impériales, mais cela ne l’empêche pas de dénoncer les gros traitements, les cumuls et autres abus. L’avènement de la République ne change rien, et « Le Journal de Montélimar » reste fidèle à ses principes de conservation libérale.

 

Célestin transmet ses pouvoirs ensuite à son fils, Abel, troisième génération de la famille Bourron à la tête du journal. Celui-ci se développe rapidement et s’enrichit d’informations, il compte une rédaction exceptionnelle et des collaborateurs distingués. La concurrence est vive avec la présence de deux autre journaux, « Le Progrès » et « Le nouveau journal ». L’on s’affronte à coups de mots…

 

Pendant la seconde guerre mondiale, triste période : le Journal collabore avec l’occupant. A la Libération, il est donc mis sous séquestre, il change de nom (émergence de La Tribune) et est dirigé par les résistants. Ils sont étrangers au monde de la presse, et le journal ne marche pas bien.

 

Il est vendu à la famille Ayzac en 1948. Le siège se situe successivement rue Sainte-Croix, place d’Aygu, enfin 33 av. du Général de Gaulle (en lieu et place d’un ancien garage). D’abord imprimé à Montélimar, le Journal le sera un temps à Veurey, aujourd’hui chez IPS à Chateaurenard.

 

Depuis 1948, plusieurs directeurs se succèdent : Galilée Ayzac, Germaine Ayzac , Louis Ayzac jusqu’en 1996) , Jean-Jacques Ayzac, d’abord rédacteur en chef, puis directeur jusqu’en 1999. Alain Renaud dirige La Tribune depuis 1999.

 

En 1986, la famille Ayzac cède La Tribune au groupe Hersant, le journal intègre le groupe du Dauphiné Libéré. En 2004, la Socpresse (filiale du groupe Hersant) est vendu à Serge Dassault. Elle fait toujours partie du groupe Dauphiné Libéré, mais garde une autonomie et une indépendance éditoriale.

 

La Tribune crée fin 1985 un gratuit : « La Tribune Plus . Il est cédé au groupe France Antilles  en 2002. La Tribune continua à le fabriquer pendant un an , ce gratuit s’appelle aujourd’hui « Atout Magazine ».

 

En 2002 La Tribune rachète le Journal Tournon Tain, qui est une véritable 5e édition de la société d’édition La Tribune.

 

Aujourd’hui, La Tribune comporte quatre éditions,tire à 25.000 exemplaires. Elle connaît une forte progression de ses ventes (+ 5,6 % en 2004 par rapport à 2003). 33 employés y travaillent : rédaction, fabrication, publicité, petites annonces, annonces légales, ventes, abonnements, administration… tous les services d’un journal sont représentés.

La Tribune a su s’adapter à l’évolution des temps, des mentalités, et s’affiche aujourd’hui comme un journal indépendant politiquement et moderne. Il figure dans le top 10 des hebdomadaires régionaux d’information de France.

Sa mission est de relater au plus près la vie de sa zone de diffusion : Drôme Sud, Ardèche Sud, Nord Vaucluse, et un petit bout du Nord Gard. Son axe éditiorial est la proximité. C’est un vecteur d’informations autant qu’un agitateur quand il le faut. Pas étonnant donc que La Tribune entretienne des relations affectives avec son lectorat.